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Man of Steel : La critique

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Temps de lecture estimé 6 minutes et 0 secondes

Attendu comme le messie depuis 2010, Man of Steel avait des promesses à tenir, dont celles de relancer Superman au cinéma et nous faire oublier la version de Christopher Reeve. Et force est de constater que sur ce point et tant d’autres, le long-métrage est une réussite.

À la vue de la trinité derrière ce film, on ne pouvait s’attendre qu’à un joli succès : Réalisé par Zack Snyder (Watchmen, 300), produit par Christopher Nolan (The Dark Knight, Inception) et scénarisé par David S.Goyer (Trilogie Dark Knight). D’ailleurs, c’est cela qui fait du film un cas d’étude plus que passionnant puisqu’on y retrouve le côté bourrin et brut de Zack Snyder, un scénario plus ou moins élaboré de Goyer, et enfin une touche de réalisme plus présente qu’on ne le penserait. Le résultat en est une histoire d’extraterrestre tout ce qu’il y a de plus normal.

Tout d’abord le film suit une narration en flashbacks et d’ellipses qui viennent ponctuer les phases dans le présent, des flashbacks nécessaires dans lesquels on assiste à la jeunesse de Clark Kent. Des souvenirs riches en émotions par moments, mais qui souffrent parfois d’un mauvais placement et d’une mauvaise arrivée. La faute à un montage quelques fois brouillon qui nous fait nous demander : Quand est ce qu’il est arrivé là lui ?

Outre cela, l’action dans le film est bonne, très -certains diraient même trop- présente, mais avec un problème de bougeotte : La caméra bouge brutalement par moments. Les effets spéciaux sont quant à eux magnifiques mais semblent expédiés : Superman étant tellement rapide, la caméra ne le suit pas très bien et on le perd vite fait après un clignement des yeux. Vu la manie de Snyder à mettre des ralentis partout dans ses films, Man of Steel était le parfait candidat. Malheureusement, le cinéaste n’a semble-t-il pas eu autant de libertés que cela.

Mis à part cela, le film est carrément excellent voire parfait (oui, malgré ses défauts) car il ne fait pas que conter la genèse de Superman, mais y intègre plein d’éléments secondaires qui enrichissent l’histoire et en font une mine d’or pour le scénario, qui au départ est plutôt basique. Dans le film, Kal-El est représenté comme une figure messianique censée rassembler deux civilisations très lointaine,  il y apparait plus que jamais comme un symbole et une icône malgré sa jeunesse qui lui fait commettre plein d’erreurs.

Vous l’aurez compris, le film se concentre sur de vraies questions et de vraies réflexions qui donnent une consistance au scénario de David S. Goyer. Le tout agrémenté de dialogues magnifiquement écrits, des répliques déjà cultes (dont la plupart présentes dans les bandes annonces) même si quelques fois le retour du côté enfantin propre aux super héros revient. Exemple : ‘’Tu es un monstre Zod, et je vais t’arrêter’’.

Dans le film, Superman amène un message d’espoir, le scénario prend le risque de tacler le dysfonctionnement humain en mettant en exergue ses défauts politiques et/ou militaires. Les symboles et références bibliques sont légion et font de Superman une figure messianique.

Et ça fait un bien fou de ne plus voir l’Homme d’Acier cantonné à ce rôle de boy-scoot parfait qui ne fait que sauver le monde. On le voit autrement : Bourrin, imparfait et impulsif par moments, il commet des erreurs et s’oublie à mettre des mandales tandis que le monde s’écroule autour de lui, une erreur due au manque évident d’expérience.

D’un point de vue technique, les effets spéciaux (malgré le défaut évoqué plus haut) sont criants de vérité et vous laisseront bouche bée quelques fois. Les scènes de vols de Superman sont violentes et réalistes à souhait (même pour un homme qui vole), et nous font oublier toute les versions qu’on a connu auparavant. Quant aux autres pouvoirs Kryptoniens, ils ne sont que peu présents. Les combats sont immenses, épiques et on croirait presque qu’Avengers était un combat de rue à côté de cela, le rapprochement avec Dragon Ball se fait très souvent.

Mais tout cela ne tient qu’à un seul homme, Henry Cavill, qui nous fait oublier l’espace de 2h23min le grand Christopher Reeve par une interprétation pleine de douceur, de naïveté, de force, de solitude, de souffrance et surtout de grandeur, et ce, même si ce ne sont que ses débuts qui sont contés. En effet, à l’image de The Amazing Spider-Man, Man of Steel ne fait que poser les bases d’une franchise dans laquelle le héros deviendra ce qu’on connait de lui.

Mais il serait injuste de ne critiquer que l’acteur principal et d’oublier les autres tels que Michael Shannon (Zod) qui joue un extrémiste militaire, et qui est bien le seul vrai méchant dans un film de super héros depuis des années. On ne tombe pas dans la sympathie timide envers lui, on le hait mais on comprend ses motivations, et ce, grâce à un jeu d’acteur plein de rage et de détermination.

Amy Adams (Lois Lane) s’en sort plutôt bien, mais sourit un peu trop en présence de Superman. À un moment on comprend qu’elle est amoureuse de lui, mais il faudrait juste qu’elle arrête de se laisser tomber de tous les avions.

Russel Crowe (Jor-El) et Kevin Costner (Jonathan Kent) sont juste majestueux dans leurs rôles respectifs de père biologique et adoptif. Russel Crowe est présent dans les vingt premières minutes du film (mais pas seulement), et nous fait oublier Marlon Brando d’une façon radicale puisqu’on le voit se battre mais aussi nous faire verser des larmes par moments. Quant à Kevin Costner, il est peu présent mais chacune de ses scènes sont mémorables.

Source image : Wired.com

Pour ce qui est de la musique du film, Hans Zimmer signe bien sa partition la plus aboutie et la plus intimiste. Et s’il n’arrive pas à remplacer le thème créé par John Williams en 1978, il s’impose par un thème principal poétique, doux, mais qui trouve sa place dans les scènes d’actions avec des montées dignes de ses plus grands succès des années 90.

Man of Steel remplit son contrat de nous faire oublier les anciens Superman avec brio, au travers d’un scénario simple mais riche en éléments plus intéressants les uns que les autres. En mariant le spectacle à l’émotion mais aussi la réflexion, car voir Man of Steel avec la seule intention de voir un film d’action serait une erreur tant les thèmes abordés sont intelligemment intégrés au mythe du père des super héros.