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Algérie : cinquante ans et des questions

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Temps de lecture estimé 4 minutes et 16 secondes

5 Juillet 1962, une date que tous les algériens ont en mémoire, date de la naissance de la république Algérienne démocratique et populaire. 50 ans après, qu’est ce qui a changé chez nous, Algériens ?

Les algériens d’aujourd’hui sont-ils les algériens d’hier ? La réponse à cette question est, incontestablement, non. La mentalité algérienne a beaucoup changé et ce, dans tous les domaines.
En 1962, les algériens étaient fiers de leur pays, fiers d’y être, et heureux de lui avoir donné l’indépendance. Malheureusement, aujourd’hui, beaucoup de jeunes, diplômés ou pas, essayent, par tous les moyens de fuir ce pays. Mais pourquoi ? À cause d’une mentalité changeante ? À cause d’un manque cruel d’activités culturelles ; ce qui engendre un manque d’épanouissement chez les jeunes, les poussant à chercher ailleurs ce qu’ils pourraient créer de leurs propres mains ici ?
Il faut dire que les jeunes d’aujourd’hui n’ont rien, ou presque pour s’occuper, si ce n’est s’adosser contre un mur des journées durant, tentant de tuer le temps.

En cinquante ans, beaucoup de choses ont changé. Certaines dans le bon sens, et d’autres non. Des valeurs se sont évanouies, d’autres sont encore là.
La société algérienne, en général, a connu une transformation radicale en peu de temps. Beaucoup de facteurs sont à l’origine de ces changements, tels que la modernisation et l’occidentalisation d’une partie de la société. Mais également, la décennie noire (les années 90’s) qui a changé à jamais les Algériens.
Un algérien ne peut être compris que par un autre algérien. Le peuple s’accepte comme il est, non comme il devrait être.
L’Algérien a-t-il mûri ? Cette question reste très complexe. La solidarité algérienne reste un model certes, les Algériens ont tendance à s’entre-aider, et là réside une grande qualité de notre peuple. Mais paradoxalement, la tolérance se fait rare. La religion a pris une ampleur qu’elle ne mérite pas dans notre société. Ce qui devait être personnel et spirituel à la base, est devenu un fond de commerce pour beaucoup.

Pour ce qui est de la culture, le monde culturel algérien a encore beaucoup de progrès à faire. La musique commence à se généraliser, les Algériens écoutent beaucoup de musique, même si les styles diffèrent. La musique Chaâbi et la musique classique algérienne ont été les premières musiques populaires en Algérie, puis, au milieu des années 70’s, le rock fit son apparition, avec des influences venues d’ailleurs (Pink floyd, Beatles, Rolling Stones et autres). Ensuite, des sonorités Jazz se mélangèrent au rock. À la fin des années 80’ et début des 90’s, la musique Raï (contemporaine) fit son apparition sur la scène musicale algérienne. Le rap fut le dernier style populaire à être introduit en Algérie.

Malheureusement, la musique reste le seul art populaire dans le pays. Rares sont les algériens amateurs de théâtre, de dessin, de sculpture… Les cinéphiles sont certes nombreux, mais le nombre de salles de cinéma a considérablement baissé depuis l’indépendance. Effectivement, le nombre de salles est passé d’une centaine au lendemain de l’indépendance à une dizaine sur l’ensemble du territoire national. Un amer constat pour les amateurs du septième art. Art qui, dans les années 70’s 80’s réunissait les jeunes qui étaient à la recherche de nouveautés cinématographiques.

Aujourd’hui, le ministère de la culture a institutionnalisé 164 festivals –nationaux, régionaux et internationaux, un peu partout sur le territoire national. Cela reste une bonne chose, que l’on félicite et que l’on soutient. Cependant, et faut-il le rappeler encore une fois, que doit-on privilégier ? La qualité ou la quantité ?
Quand on prend en exemple le second festival culturel panafricain à Alger, qui a eu lieu en juillet 2009. Le ministère de la culture et l’état algérien ont voulu en faire une manifestation de grande envergure, ce qui s’était réellement produit d’ailleurs. Mais avec un peu de recul, de la réflexion et un peu de sens, n’était-ce pas plus intéressant de penser au long terme ? De restaurer les édifices culturels et historiques du pays ? De redynamiser la vie culturelle ? D’initier les jeunes au monde de la culture et d’essayer de les convaincre de l’importance de la culture dans une société dite moderne?

Il serait temps que les autorités concernées mettent en place une politique culturelle conséquente en Algérie. Que les jeunes se donnent la main pour aller de l’avant. Les talents, ce n’est pas ce qui manque, mais il faut qu’ils se montrent, et pour se montrer, il leur faut l’occasion de prouver leur talent. Les cartes sont entre les mains des gouvernés, avant d’être entre celles des gouvernants.