Critique littéraire : Une place à prendre – J.K. Rowling

07/09/2013, 16 h 58 min Partages0
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Après Harry Potter, J.K. Rowling s’ouvre à des horizons inédits dans son ouvrage Une place à prendre (titre original : The casual vacancy). Plus qu’une nouvelle histoire, c’est carrément un autre auteur qu’on découvre, un nouveau style qu’on ne lui connaissait pas. A-t-elle réussi son tour de passe-passe ? Réponse dans cette critique.

J.K.-Rowling- Place à prendre

Harry Potter ? Tabula Rasa !

« 6.11 Une Vacance fortuite est officiellement constatée : (a) quand un élu local manque à son obligation de notifier son acceptation de mandat dans les délais impartis ; ou (b) à réception de son avis de démission ; ou (c) le jour de son décès…  Charles Arnold-Baker, Administration des conseils locaux, 7 e édition. »

80766177_oC’est avec cette consigne administrative que débute le roman, une manière indirecte de justifier les premiers événements du livre que le lecteur ignore encore. L’emprunt de cette consigne réellement existante est le premier signe du revirement stylistique de l’auteur. On a connu J.K.R dans un style fantastique avec l’univers magique d’Harry Potter. Nous voilà avec entre les mains une œuvre dénuée de toute fantaisie, aux antipodes des aventures du sorcier à lunettes.

« Place à prendre » est un sacré coup à prendre pour les habitués de l’auteur. Poudlard laisse place à un village sans cesse arrosé par une réalité sociale acerbe. L’univers bon-enfant toujours politiquement correct est ici transgressé, mu en un cynisme sans raffinement à toute épreuve.

L’histoire : J.K. Rowling et le village des secrets

L’intrigue prend place dans un village du sud anglais nommé Pagford. Une bourgade typique où tout le monde se connait puisque les habitants occupent les lieux de père en fils pour la grande majorité. Cette affiliation leur confère un certain esprit conservateur, surtout chez les représentants du village, comme le président du conseil paroissial Howard Mollisson.

Cet esprit-là, c’est la proximité d’une cité nouvellement construite qui vient l’attiser, surtout que selon certains villageois, la cité-des-champs est un nid à débauche, un concentré de délinquants et de rébus de la société en tout genre qui vient polluer l’éducation et le paysage des enfants du village.

Du coup, il faut penser à s’en débarrasser et le seul moyen trouvé est de faire en sorte que la cité dépende de la grande ville mitoyenne Yarvill, et plus de Pagford. Ainsi, les habitants de la cité ne seront plus associés à l’administration du village, mais de Yarvill, délocalisant toutes leurs activités vers elle, et plus Pagford.

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