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Critique Ludique : Kid Icarus Uprising – 3DS

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Kid Icarus Uprising est l’une des exclusivités sur laquelle Nintendo a le plus compté pour attirer les gamers sur sa console portable la 3DS. Le père de Kirby et de la saga Super Smash Bros. Étant derrière les manettes, les attentes étaient vraiment grandes et la pression conséquente sur les épaules de Masashiro Sakurai.

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Contexte : le phoenix blanc rejaillit de ses vieux pixels 8-bit

Jaquette NES

Kid Icarus est à la base un jeu paru en 1986 sur NES, en parallèle de la série utérine Metroid avec laquelle elle partageait beaucoup d’éléments. Depuis, seul un épisode sur Gameboy en 1992 a refait parlé du héros Pit, la licence tombant dans l’oubli le plus total après ça.

Il faut attendre seize longues années avant d’en entendre parler à nouveau, et ce fut via Super Smash Bros Brawl sur Wii où Pit vivait son grand retour en rejoignant le roster des combattants jouables. Si la surprise fut de taille en découvrant ce come-back, on était loin d’imaginer le glorieux destin que lui réservait Masashiro Sakurai.

En effet, le petit ange a eu l’ultime bénédiction d’avoir un nouveau jeu dont il sera le saint personnage principal, présenté à l’E3 2010 comme la Killer app de la 3DS tout juste annoncée.

Concept & Gameplay : Shoot’em up x Beat’em all

Dans ce nouvel épisode intitulé Kid Icarus Uprising, Pit change complètement de genre de jeu et verse dans un mélange de shoot’em up à la StarFox et de Beat’em All bien bourrin. Ce changement s’illustre à travers trois phases de jeu qui rythment toutes les missions du solo et qui s’enchaînant comme suit :

1- Phase aérienne : Jack regarde, je vole !

Pit vole automatiquement tandis qu’il incombe au joueur de le diriger aux quatre coins de l’écran, pour esquiver la ballarde de projectiles ennemis à la manière du rail shooter StarFox.

Très agréable à l’œil, ces phases sont très bien rythmées, superbement mises en scène et propices aux meilleurs dialogues du jeu, importante composante dont on reparler plus tard dans la critique. Si l’on devait trouver à redire, c’est au niveau de la palette de mouvement qu’aurait souhaité plus grande, car au final, on n’arrête pas de suivre un schéma circulaire, concentrant nos effort sur la visée plus que sur le déplacement.

Chose importante à savoir, malgré sa qualité d’ange Pit ne peut voler par lui-même. C’est uniquement grâce au don que lui fait la déesse de la lumière Lady Palutena et qui ne dure que cinq minutes avant d’embraser Pit. Du coup, au bout de ce temps imparti, il est obligé d’atterrir, continuant le chemin à pied dans la plus grande hostilité adverse.

2-Phase terrestre : Peu importe votre nombre, aucun de vous n’en réchappera !

Contrairement au vol, l’ange est sous notre entier contrôle sur terre. On progresse dans des niveaux plutôt linéaires en se débarrassant de vagues d’ennemis. Dit comme ça, ce n’est pas très sexy, mais dans les faits, le gameplay est tellement nerveux, tellement jouissif, qu’on prend un pied monstre à défaire tous les différents types d’ennemis. Et pour cause, Kid Icarus Uprising possède un bestiaire hyper varié.

Que ce soit en termes de chara-design ou de game-design, chacun d’eux tire son épingle du jeu. Ce qui fait que malgré la progression qui consiste juste à tirer sur tout ce qui bouge, les différents points faibles de l’ennemi vous obligent constamment à changer votre approche. Si vous jouez la brut tout du long, vous ne ferez certainement pas long feu.

3-Combat de boss : lui faire manger des pissenlits par la racine

Enfin, la conclusion se fait systématiquement par un combat de boss (la plupart du temps en arène). Le design des monstres fait souvent mouche, l’affrontement est toujours dynamique et leur difficulté n’est jamais insurmontable, quoique dépendant fortement du niveau de difficulté dans lequel vous jouez. Leurs morts enclenchent une cinématique qui gère la transition avec votre prochain objectif.

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Système de jeu : à toi de faire le choix : la rouge ou la bleue ?

Avant d’entamer un chapitre, le jeu vous propose de choisir une arme et une grille de talents. Qu’est-ce donc ? J’y viens. L’arme vous l’aurez deviné, intelligents que vous êtes, sera votre outil pour éradiquer toute menace. Au début, on vous donne une arme faiblarde, tout juste bonne à finir les premiers niveaux. Ensuite, c’est à vous de collecter le plus d’arme possible dans les niveaux ou en tuant des ennemis. Ces armes seront stockées et pourront être essayé avant de vous en équiper, histoire de vérifier qu’elle vous convient. Autre chose, il est aussi possible d’acheter des armes en boutique ou encore d’en créer, en fusionnant deux armes dans votre armurerie.

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La salle d’entrainement

Il existe neuf types d’armes, chaque type ayant au moins une demi douzaines de sous-modèles. Je vous laisse faire le calcul, le résultat approchant dans tous les cas du « beaucoup ». Dans les niveaux, on récolte régulièrement des talents appelés Dons. Ces dons sont des aptitudes spéciales qui iront équiper l’ange avant chaque chapitre, vous conférant plusieurs bonus et pouvoirs en tout genre.

Certains pourront vous redonner de l’énergie vitale, vous rendre invisible, invoquent des gerbes enflammées, un bouclier, paralysent l’ennemi, augmentent momentanément vos dégâts, votre portée, diminuent votre vulnérabilité…etc. Il va donc du crucial de bien choisir ses options avant de s’engager en combat, sous peine de faillir au bout de quelques vilains monstres rencontrés.

Durée de vie et difficulté : les neufs cercles de l’enfer s’offrent à vous

La difficulté de Kid Icarus Uprising est complètement personnalisable. Il y a neuf niveaux de difficulté comprenant chacun neuf autres niveaux intermédiaires, qui augmentent ou diminuent le nombre d’ennemis rencontrés et leur agressivité, mais aussi sur les trésors trouvés. Ainsi, plus vous jouez en difficulté élevée, plus vous risquez de tomber sur des armes redoutables et des dons surpuissants introuvables autrement. À noter que certaines portions de niveaux ne sont accessibles qu’à partir d’un seuil de difficulté, ce qui augmente la re-jouabilité déjà énorme du titre.

D’ailleurs, en termes de contenu, le jeu est digne des jeux Sora. Le mode solo propose 26 missions d’une longueur variable (entre cinq minutes et une heure), plus de trois-cent défis et un grand nombre de dons, d’armes et de figurines (Icarons) à collecter. Et dans le cas ou tout ceci ne vous suffisait pas, le mode en ligne est là pour rallonger le tout efficacement, soit en chacun pour soi, soit en équipe de trois. Pour vous donner un ordre d’idée, vous passerez au moins 15 heures sur le mode histoire en difficulté normal et jusqu’à 50 heures pour tout débloquer à 100 % plus le mode en ligne.

Graphismes : une direction artistique qui étale tout son art

Maintenant que le cœur du jeu a été décortiqué, le temps de juger l’enrobage du jeu est venu. Verdict sans appel, la réussite est totale. En toute objectivité, Kid Icarus Uprising est le ou l’un des plus beaux jeux de la 3DS. Artistiquement, le jeu est sublime et surtout très très varié. On parle l’a d’une richesse ahurissante, qui flatte la rétine à chaque niveau, et c’est rien de le dire. Constater la beauté des décors au fil de l’aventure est un vrai ravissement, que la 3D relief, propre à la portable de Nintendo, appuie remarquablement.

Toutes les ambiances sont visitées, du ténébreux au jovial, du mélancolique à l’innocent, du désertique au floral, du galactique au volcanique, des océans aux labyrinthes, des palais somptueux aux petits villages en ruines…etc. Je pourrais ainsi continuer des lignes et des lignes durant, sans me répéter et sans que le jeu perde en cohésion puisque tout s’accorde avec le déroulement du scénario. Ça mérite clairement une ovation pour féliciter l’équipe artistique du Projet Sora. C’est du beau travail, c’est du grand travail. Respect.

Techniquement, la fluidité est exemplaire. En dépit des dizaines d’ennemis à l’écran, la petite portable ne toussote aucunement et c’est donc un vrai régal que de profiter du visuel sans que ce soit gâché par de méchantes saccades. Par-contre, écueil du support oblige, l’aliasing est tout aussi résistant que le sont les pires ennemis du jeu. L’effet d’escalier est donc la seule ombre du bilan technique.

Scénario & bande son : « la muse de la musique » est en célébration

À ce stade de la critique, je vous ai presque tout dit de Kid Icarus Uprising, sauf un point en particulier que je me suis réservé pour la conclure : la bande-son. D’emblée, le main theme vous collera directement au cerveau et vous le chantonnerez sans aucun doute une fois la console éteinte. La suite n’est qu’enchantement pour les oreilles avec des envolées mémorables, des orchestrations grandioses, des passages à la guitare sèche du plus bel effet et des mélodies oniriques qui vous transporte aux cieux. Il y a même un court passage mis en scène sous forme de comédie musicale ! Vous l’aurez compris, ici aussi la variété frappe de plein fouet. L’OST du jeu finira sans en douter dans votre playlist.

maxresdefaultCeci dit, le volet sonore ne se limite pas qu’aux musiques puisque tout le scénario du jeu est porté par des dialogues incessants durant toute votre épopée, entre Pit, Lady Palutena et les personnages prépondérants du jeu. Tantôt sérieux, souvent second degrés est porté sur l’ironie et le jeu d’esprit, les échangent verbaux sont réellement savoureux et rythment à merveille un scénario bourré de rebondissement, même là où on ne l’aurait jamais pensé possible. Sans parler de la tonne de clins d’œil et de caméos, que ce soit aux anciens épisodes ou au jeu vidéo tout court. Même le 4e mur ne résiste pas à l’épreuve de Kid Icarus Uprising.

J’aimerai attirer votre attention sur une chose très importante : Les dialogues sont exclusivement en anglais. Bien que sous-titrés en français, il est assez dur de suivre la conversation en lisant les sous titres quand une horde essaie de vous dézinguer en face. Si vous êtes un habitué des GTA, c’est exactement le même syndrome que de lire les dialogues en pleine conduite : très casse-gueule. Il vaut donc mieux être familier de l’anglais pour en profiter comme il se doit. Tout le reste du jeu est traduit.

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Un dernier mot sur la maniabilité : ça peut faire mal dis-donc

Un mot sur la maniabilité : elle est très délicate et constitue le seul point réellement discutable du jeu. À long terme, on peut avoir un peu mal aux mains si on ne trouve pas de bonne position pour tenir la console et la caler. Les développeurs ont en surement été conscient puisque les contrôles sont entièrement personnalisables, des boutons au stylet sans oublier des options pour les joueurs gauchers, tout est fait de sorte que le joueur s’arranger le mieux possible pour être à l’aise.

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Toute la clique réuni

Conclusion : l’esprit du jeu vidéo à son paroxysme

En résumé, Kid Icarus Uprising est une franche réussite. La 3DS tient là l’un de ses tout meilleur jeu, le plus généreux tout support confondu, un porte étendard graphique et technique, une expérience de jeu bien longue nanti d’un gameplay des plus plaisant , nerveux, qui sent les vieux jeux d’antan qui se consacrent au fun ressenti en jouant, des décors monstrueusement réussis et classes, doublés d’un scénario bourré de rebondissement, de dialogues délicieusement drôle et subtil à la fois et enfin, clou du spectacle, doté d’une bande son magistrale qui fait de ce Kid Icarus Uprising le jeu que je vous encourage le plus à faire, tout support confondu. Rideau !

Les bons points ( + ) :

La bonhomie de Pit. Une direction artistique fabuleuse. Des surprises par dizaines. Une variété ébouriffante. Une bande son       marquante. Un gameplay ultra dynamique et jouissif à l’ancienne. Ça suinte l’esprit jeu vidéo. L’humour pardi !

Les mauvais points ( – ) :

La maniabilité peut s’avérer rédhibitoire pour certain. Du au manque de confort, les sauts et dash perdent en précision. Anglophobe s’abstenir, les voix sont uniquement en anglais, et le sous titrage difficile à suivre.

Verdict : Orgasmique !

Informations supplémentaires :

Support : 3DS. Type de jeu : Action-Shoot’em up. Date de sortie : 23/03/2012. Développeur : Project Sora. Éditeur : Nintendo. Mode : sole et multi-local et en ligne.

Vers un deuxième épisode ?