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Thor – The Dark World: La critique

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Temps de lecture estimé 8 minutes et 48 secondes

Après un Thor satisfaisant et un Avengers explosif, le fils d’Odin revient dans sa troisième apparition cinématographique avec Thor – The Dark World. Ce film remplit-il son contrat ? Est-il à la hauteur des espérances ? Réponse dans cette critique contenant des spoilers minimes.

thor the dark world poster

Comme dans tous les films mettant en scène des super héros, tout commence avec la naissance d’un nouveau mal, une menace toujours plus terrible que celles déjà amorcées, qui met en danger l’ordre naturel des choses. C’est dans cette logique que se profile l’avènement d’un vieil ennemi d’Asgard, Malekith,  qui sera l’antagoniste de notre super héros du jour : Thor.

Si Malekith est à mettre hors d’état de nuire, c’est parce qu’il convoite une ressource ancestrale qui confère une puissance sans limite. Déjà, par le passé, il était à deux doigts de mettre la main dessus, mais son plan avait été contre-carré par le père du père de toute chose, le vieux d’Odin donc, le plongeant lui, et son peuple fort réduit, dans un profond sommeil. Le puissant artefact été profondément caché par la suite, à défaut d’être détruit puisqu’il se trouve être invulnérable.

Malekith
Malekith, vilain du film

Évidemment, la situation est bien  trop simple, il manque un gros élément perturbateur, du piment qui donne du fil à retordre à nos protagonistes, en l’occurrence la découverte du pouvoir par Jane Foster, scientifique, amie et aimée de Thor, qui malgré elle, réveille Malekith et ses semblables. C’est alors que l’ombre de la vengeance plane sur Asgard, au moment où Thor est en plein questionnement sur sa prise du trône à la succession de son père Odin et que Loki, son frère d’adoption, croupit en prison.

Autant le dire tout de suite, le scénario n’est ni à retenir, ni à décrier. Il pose les bases dès la séquence d’introduction puis les développe juste assez pour fournir un rythme soutenu à l’épopée qui ne souffre pas de baisse de régime significative. Thor – The Dark World va à l’essentiel la plupart du temps, mais de cette pratique découle une fâcheuse tendance à survoler ce qu’on nous montre, si bien que certains personnages, pourtant pas si figuratifs que ça, sonnent creux et ne servent qu’à combler le script de manière logique.

On pense notamment au docteur Eric Selvig peu/mal exploité, au stagiaire bouche-trou par excellence, à Jane Foster qui essaie d’être plus que le simple amour de Thor en agissant de son côté, à Malekith et son peuple qui n’ont aucun charisme, ni dans leur design, ni dans leur jeu d’acteur ou quoi que ce soit d’autre. Seul Darcy Lewis et les Asgardiens rendent bien, surtout Loki, dont le personnage et principalement le jeu d’acteur de Tom Hiddleston noient Thor qui, faute de script mal géré, agit stupidement ou sans cohérence. La relation entre le deux faux-frères reste quant à elle vraiment intéressante, tout comme celle entre Thor et Odin, contrairement au duo Thor/Jane et au trio Darcy/Stagiaire/Professeur.

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Loki, plus misérable que jamais

Autre point sujet à déception, les dialogues. Le bon côtoie souvent le médiocre du niveau d’une série B, tant certaines répliques sont éculées, vues et revues, dénuées de toute étincelle. L’humour aussi ne vole pas très haut, hormis pour les répliques crues bien que convenues de Kat Dennings, qui sort du lot dans son rôle de Darcy Lewis. Pas mal de tentatives comiques tombent franchement à plat. Et même si on se met dans la perspective que le film puisse aussi s’adresser à un large publique, rien n’y fait, c’est souvent raté.

Malheureusement, je n’ai pas fini de noircir le tableau. En plus des lignes pas folichonnes que s’échangent les personnages, le jeu d’acteur ne suit pas toujours non plus. Il est de ces films qui sont tellement justes dans le jeu d’acteurs proposé qu’on croit entièrement aux personnages, qu’ils tiennent du fantastiques ou du réaliste. Thor – The Dark World ne fait clairement pas partie de cette catégorie de films, d’où encore une fois, le sentiment de série B ou de seconde zone ressenti.

Si tout le film n’est pas à jeter pour autant, force est de constater que parfois, on a la mauvaise impression de voir un simple récital suivant la mise en scène du réalisateur. Toutefois, cela pourrait s’expliquer par la basse qualité d’écriture qui de toute façon est tellement au ras des pâquerettes qu’elle ne peut être enjolivée par les acteurs. Toujours est-il que le « suspension of disbelief » n’est pas maîtrisé comme il faudrait, qu’on entre-aperçoit parfois le studio du tournage tournant la scène en question en filigrane de l’image en visuelle dans notre imaginaire.

Asgard

Le visuel, parlons-en justement. Ratage ? Heureusement que non, sinon vous n’auriez aucune raison de voir ce Thor. Asgard est superbement modélisée et, en règle générale, toutes les parties se déroulant sur ce lieu sont réussies, et c’est tant mieux puisque les trois quarts du films s’y déroulent. Les effets spéciaux rendent bien, certains plans sont extrêmement jolis, comme par exemple le passage où les Asgardiens rendent un dernier hommage à leurs morts. Tout simplement le meilleur moment du film. Techniquement irréprochable, artistiquement réussi, toute l’émotion nous parvient en bloc et cela fait très bien son effet. Rajoutez-y une musique grandiose pour accompagner ce moment crucial et vous avez-là la raison principale qui pourrait vous pousser à voir le film.

Toujours en rapport avec Asgard, le film met en avant les traditions et les coutumes de son peuple, ce point fait d’ailleurs directement écho aux Vikings dont le réalisateur, Alan Taylor (Game of Thrones), s’inspire beaucoup pour son long-métrage. D’un autre côté, Thor jouit d’un entourage fidèle et sympathique contrairement à ses copains Avengers, les trois guerriers pour exemple (Volstagg, Hogun et Fandral) sont beaucoup plus mis en avant contrairement au premier film, même chose pour Lady Sif, interprétée par la magnifique Jaimie Alexander mais aussi Odin et Frigga, les parents de Thor. Cette ambiance bonne famille magnifiée par le temps passé en Asgard contribue à l’attachement au film.

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Zachary Levy interprète Fandral, l’un des trois guerriers

En plus du royaume Asgardien, il y a deux autres destinations : Londres et le Dark World, qu’évoque le titre du long métrage. Les scènes tournées dans la capitale font figure de virée touristique. En effet, les combats prennent place dans des lieux très appréciés des touristes, comme la cathédrale de St Paul ou l’ogive du Gherkin. On peut même en faire un reproche tant ça passe d’un lieu à un autre de manière épileptique et sans logique, à croire que le réalisateur tenait à montrer tout Londres en deux minutes chrono.

La capitale anglaise est aussi l’endroit où le plus d’incohérences sont perçues. On citera en exemple notre héros, qui soudain décide de prendre le métro pour se déplacer alors que deux minutes avant il fendait les cieux comme une « Thorpille ». Avec sa tenue clinquante qui jure atrocement avec le train bondé de gens « normaux », vous obtenez une séquence indigeste, « Thordue », dont on se serait volontiers passés.

Quant au Dark World, on ne peut pas faire de décors avec aussi peu de personnalité et d’impact visuel. Cette contrée censée être le fief de l’ennemi n’est qu’une vaste Terre rocailleuse et désertique qui n’inspire aucune terreur. Et ce ne sont pas les quelques précipices, grottes ou falaises présents ici et là qui vont me donner tort. Pour vous dire, en plus des combats, l’endroit sert surtout de parking à l’immense vaisseau de Malekith et ça s’arrête là. Ce décor-là a vraisemblablement vite été expédié par l’équipe artistique. Dommage!

Les responsables artistiques pensent au moins à nos arrières plans

Vous l’aurez compris, Thor – The Dark World n’est pas une réussite. Il se laisse apprécier pour ses phases en Asgard, pour quelques passages bien rythmés qui font toujours leur effet, mais rien ne vous transcendera, rien n’est mémorable à l’exception du moment crucial sus-évoqué.

Cependant, conclure cette critique sur ce kilo et demi de bémol serait injuste, car de l’autre côté de la balance subsiste un point qui est lui absolument réussi, la bande-son. Rendons à Odin ce qui est à Odin, les thèmes orchestraux composés par Brian Tyler (Iron-Man 3) sont tout bonnement sublimes et nous portent même mieux que ne le font les images. Il est fort à parier que la bande originale de Thor – The Dark World finisse dans votre médiathèque d’OST cinématographique, et ça au moins, il l’aura bien mérité.

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Thor, un dieu et son marteau

Enfin, en ce qui concerne les différents caméos et références au Marvel Cinematic Universe, Thor – The Dark World est plus servi que Iron-Man 3 étant donné que l’apparition d’un personnage important est à prévoir même si c’est d’une façon inattendue, les références à Avengers sont quant à elles légion, d’autant plus qu’il n y a pas une mais deux scènes supplémentaires, l’une pendant le générique qui est en rapport direct avec Guardians of the Galaxy, prochain blockbuster de Marvel Studios, l’autre arrive après le générique et pourrait être assimilée à celle d’Iron-Man 3 en terme d’importance. En dehors de ça, le caméo de Stan Lee est l’un de plus drôles avec celui de The Amazing Spider-Man.

Que devez-vous retenir de tout ceci ? Que toutes les parties se déroulant a Asgard sont réussies et que le reste va du moyen au bancal. Vous n’aimerez certainement pas ce film pour son scénario, ni pour ses acteurs et leurs performances (sauf Thor, Loki et Odin), mais pour son esthétisme et son enrobage sonore. Évidemment, si vous êtes à la base fan de Thor, votre « fanboyisme » s’occupera sûrement de gommer une bonne partie des défauts énumérés tout au long de cette critique, vous n’y verrez que du feu et prendrez surement plus de plaisir à le voir que les néophytes.

Thor- The Dark World est réalisé par Alan Taylor avec Chris Hemsworth (Thor), Natalie Portman (Jane Foster), Tom Hiddleston (Loki), Anthony Hopkins (Odin), Kat Dennings (Darcy Lewis). Date de sortie: 29 Octobre en France. 8 Novembre aux USA.

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