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Marcel Khalifé Source : Gozamos

« D’inculte à un autre » : Oud à Marcel

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Rappel : Vinyculture compte une nouvelle chronique dans sa ligne éditoriale. Intitulée “D’inculte à un autre” où une jeune “inculte” -qui ne l’est pas tant que ça- découvre au quotidien des faits historiques, artistiques, culturels et les partage. Ça instruit, ça amuse et c’est servi par Lym Onada. La semaine passée elle vous parlait de l’artiste Baya, cette semaine on sort de l’Algérie.

 

Marcel KhaliféSource : Gozamos
Marcel Khalifé
Source : Gozamos

Le liban ? Oui bien sûr, je connais la capitale  (Wawh !), le taboulé (Hmmm !), les mots que j’ai appris d’un film de Labaki et même l’accent tiens. Sauf que lorsqu’une musicienne m’envoie de la musique de Marcel Khalifé… Je…En fait… Je crois que… Je ne le connais pas ce monsieur !

Marmelada a bien rigolé lorsque je lui ai demandé après lui. Pour me mettre dans l’ambiance, elle m’a donnée ça à écouter :

Et je suis restée agréablement surprise le temps de quelques secondes après la fin de la vidéo. Remarquant mon intérêt, Marmelada a continué à nourrir ma curiosité.

« Oudiste », né le 10 Juin 1950 au Liban (Amchit), Khalifé a commencé son initiation à la musique avec l’instituteur de son village, avant de poursuivre son apprentissage au conservatoire de Beyrouth pour y étudier l’ûd.  Par la suite, il y a enseigné (ainsi que dans d’autres institutions) tout en entamant diverses tournées à travers le monde.

Sensible à la cause palestinienne, on retrouve beaucoup de poèmes de Mahmoud Darwich venant accompagner ses compositions. D’ailleurs, son âme révolutionnaire a donné naissance à l’ensemble Al-mayadeen (Champ de bataille et/ou place du village) en 1976.

Musiques de films ou encore compositions pour spectacles de danse- notamment Caracalla-, il met son talent et son expérience au profit d’autres disciplines artistiques. En 1982, il se lance dans l’écriture pour retranscrire son expérience de musicien arabe qui a su marier instruments orientaux et occidentaux au fil de ses compositions. Sa reconnaissance a également franchi les frontières du monde arabe, sa participation à de nombreux festivals musicaux internationaux en atteste.

Accusé de blasphème pour sa chanson « Ana Yussef, ya Abi » écrite par le poète palestinien Mahmoud Darwish, il a été poursuivi à plusieurs reprises pour avoir « chanté » des versets du Coran. Un mouvement massif s’est alors organisé en solidarité au musicien, déclaré finalement innocent. À ces accusations, Marcel répond : « Le vrai croyant doit avoir cette quête permanente. Il n’est pas censé partir d’une certitude. »

En 2005, il a été nommé artiste de l’Unesco pour la paix par Koïchiro Matsuura et nous espérons une relève prometteuse grâce à ses deux fils Rami le pianiste et Bachar le percussionniste.