« D’inculte à un autre » : Schéhérazade aux oiseaux

01/01/2013, 21 h 04 min Partages0
Temps de lecture estimé 3 minutes et 3 secondes

Vinyculture comptera, à partir d’aujourd’hui, une nouvelle chronique dans sa ligne éditoriale. Intitulée « D’inculte à un autre » où une jeune « inculte » -qui ne l’est pas tant que ça- découvre au quotidien des faits historiques, artistiques, culturels et les partage. Ça instruit, ça amuse et c’est servi par Lym Onada.

Les deux musiciennes 1966, Baya.Source image : founoune.com
Les deux musiciennes 1966, Baya.
Source image : founoune.com

Schéhérazade aux oiseaux*

Direction Blida. Une visite qui aurait du avoir lieu il y a quelques semaines déjà. Un bébé est né et comme tout bébé venu au monde, il demande à être vu et admiré.

Arrivées à destination, nous nous installons dans le salon, sobre mais sympathique, en attendant l’arrivée de Mr bébé (qui s’est avéré être au-delà de nos attentes en matière d’adorabilité, un mot qui n’existe pas mais qui aurait dû).

En tant que férue de décoration intérieure, je ne peux m’empêcher d’observer chaque détail. La bibliothèque ancienne, le salon en cuir moderne, les lustres façon temple chinois, les rideaux en organza et enfin les murs nus. Nus à l’exception d’un grand tableau aux représentations plus ou moins familières. Je tente le coup en croisant les doigts :

–    C’est un Baya ?

–    Oui ! Tu connais ?

–    Heu… À vrai dire, vaguement ! Du moins, je sais reconnaître ses tableaux! Ce qui, à mon goût, est déjà pas mal.

En rentrant chez moi, je vais consulter ma petite boule de cristal nommée «Marmelada», qui m’accompagne dans mes bourdes et découvertes culturelles et se charge de m’étaler, au besoin, toutes ces connaissances que je n’ai pas.

À ma grande surprise, j’apprends que Baya ne s’appelle pas Baya (oui, c’est bizarre) mais plutôt  Fatma Haddad. Pire encore, j’apprends qu’elle avait été mariée au célèbre musicien arabo-andalou El Hadj Mahfoud qui était son ainé d’une bonne trentaine d’année et avec lequel elle a eu six enfants. Née un 12 décembre 1931, elle a vécu orpheline chez sa grand-mère. Ses premières inspirations et la création de son monde merveilleux peuplé de fleurs et d’oiseaux ont commencé alors qu’elle n’avait que 11 ans, d’abord sur de l’argile puis sur des toiles. En 1947, ses travaux sont exposés pour la première fois à Paris, c’est alors, pour elle, le début du succès et de la reconnaissance parmi les surréalistes. Publiée dans le magazine Vogue, reconnue par Picasso, son monde merveilleux en séduit plus un. À la fois sauvage, féminin, coloré, musical et naïf : il fascine !

1 2
Tags:     

Votre Avis (0 votes)

Votre vote a bien été pris en compte, merci!