Edito #1 – Un fou prometteur: Analyse du comic boy

07/04/2014, 2 h 03 min Partages0
Temps de lecture estimé 10 minutes et 46 secondes

Poètes, écrivains, génies. Tout comme ces trois catégories de personnes, le fan de bandes-dessinées américaines (et principalement de super-héros), dites comic books, est un incompris, un être solitaire dans sa passion que très peu partagent. Un cas d’étude plutôt passionnant en soit. Autant donc s’y intéresser.

StanLee
Hommage à Stan Lee – J. Scott Campbell

Avant tout, il est important de préciser que ce qui va être dit a été mûrement réfléchi, il aura fallu un recul fou pour arriver à ce genre de propos aussi prétentieux et philosophiques soient-ils. Un recul nécessaire pour mieux comprendre au final.

Les comic books n’ont jamais été à la portée de tout le monde, surtout pas avant l’arrivée du genre au 7e art. Aujourd’hui encore, le lecteur de comics, que l’on va appeler comic boy pour simplifier les choses, se distingue à travers plusieurs critères qui le définissent. La naïveté en premier lieu, car pour croire qu’un  homme puisse voler, il faut une sacrée grande place réservée à notre part d’enfant, et souffrir d’un esprit disjoncté accessoirement. Cette naïveté toutefois reste assez spéciale dans la mesure où l’on est toujours conscient de ce qui se passe dans le monde, tout en choisissant de croire en une utopie relevant du fantasme. Le premier argument en faveur du pragmatisme serait le divertissement, celui en faveur du réalisme, l’évasion. Car après tout, vivre la réalité, faire face au monde réel, le comic boy y a droit chaque jour tout comme n’importe quelle autre personne. Pourquoi alors vouloir être cloîtré dans cette réalité plus longtemps?

file_193287_0_avx9658
Avengers VS X-Men #9 – Jim Cheung

Le comic boy est un adulte choisissant de garder sa part d’enfant, cette même part lui permet de gérer sa vie plus facilement, de ne pas se prendre la tête, de rester observateur et donner son avis au moment opportun, au risque de sombrer dans la passivité et l’inactivité pour un temps. Le monde dans lequel nous vivons manque cruellement de rêveurs, tout est carré et cédant à l’industrialisation cérébrale. Et même si le progrès et la rigueur sont de mise, l’imaginaire reste le meilleur moyen de combattre la peur du lendemain. Croire en Superman, pour exemple, ne nous apporte rien concrètement, il ne sera pas là lorsque votre avion sera en plein crash ou lorsque votre chat sera coincé sur la branche d’un arbre. Mais les notions, les morales, les thèmes et les enjeux présents dans une œuvre Marvel ou DC poussent le comic boy, qui est assez bête pour s’inspirer d’hommes et de femmes imaginaires portant des collants, à se surpasser dans sa vie, faire de son mieux, être honnête et intègre. Ces histoires nous content l’humilité, le courage, la grandeur, le pouvoir, la vie, la tristesse. Tant de thèmes sur lesquels on oublie de se concentrer dans notre vie de tous les jours, des thèmes essentiels à une vie simple et saine.

1 2 3 4 5 6
Tags:     

Votre Avis (0 votes)

Votre vote a bien été pris en compte, merci!