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Entretien avec Sofiane Hadjadj: « Notre maison d’édition se diversifie »

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Temps de lecture estimé 3 minutes et 31 secondes

Présent aux rencontres cinématographiques de Béjaïa, et impliqué dans le projet coté courts, Sofiane Hadjadj, créateur des Éditions Barzakh (éditeur de Chawki Amari, Amine Zaoui etc) a eu l’amabilité de nous accorder un petit entretien.

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Vinyculture : S’il y avait à faire un bilan des 12 années d’existence des Editions Barzakh, cela serait lequel ?

Le bilan c’est qu’on essaye d’exister dans un pays où c’est très difficile d’être dans le domaine culturel. On essaye d’avancer en faisant ce que l’on veut, et ce que l’on veut c’est pérenniser notre action, afin d’être là dans 5, 10, 20 ans. Entre-temps, on a la chance d’avoir des livres qui fonctionnent et se vendent. On se diversifie en allant vers des beaux livres, du cinéma, tout en restant attentifs aux nouveaux talents.

Vinyculture : Concernant les nouveaux talents, quel est le processus de publication ? Comment décidez-vous de ce qui sera publié ou non ?

Nous faisons un métier où le subjectif entre en ligne de compte, on ne fait pas un métier dit objectif. Les coups de cœur et l’affectif comptent beaucoup. On fait des projets qui sont basés sur ce que nous aimons ou qui compte pour le lecteur algérien, mais cela signifie aussi que l’on peut se tromper et passer à coté de bons projets. La subjectivité peut nous faire passer à coté de quelque chose de bon, mais c’est des choix, et on les assume.

Comment faites-vous pour dénicher de nouveaux talents et donnez-vous la chance à de jeunes auteurs ?

Quand on a commencé il y a 12 ans, on a publié des auteurs qui étaient reconnus, au fil des ans, ces derniers continuent et on essaye de les accompagner. Cela laisse moins de place à de nouveaux auteurs et c’est logique. La maison d’édition n’a pas trop grandi et on ne veut pas trop grandir. On veut faire le même nombre de livres sans se disperser. On essaye d’être attentifs à ce qui ce fait de nouveau. Ces 5 dernières années, on était dans une optique de stabilité avec des auteurs qui faisaient tourner la boutique. Mais l’on part à la découverte de nouveaux talents aujourd’hui et en trouver 1 ou 2 serait superbe.

Qu’en est-il de votre rentrée de livres 2013 ?

Il n y a pas vraiment de rentrée de livres pour nous, il y a des moments de publication. Entre avril et juin, nous avons sortis 7 à 8 livres, qui étaient davantage des livres d’histoire. Nous avons publié un livre hommage à Tahar Djaout, un autre sur Jughurta, le roi numide, un autre encore autour de la vie de l’Émir Abdelkader. Le dernier livre que l’on va publier pour la saison (printemps-été) c’est les mémoires d’Évelyne La Valette, qui est une moujahida peu connue car très discrète. Un très beau livre qui sera des fragments poétiques qui reviennent sur 60 ans de sa vie.

Il va y avoir un autre moment de publication qui correspondra au Salon du livre d’Alger (octobre), où il y aura 5 à 6 livres de publiés. On ne peut pas encore en parler, mais Vinyculture aura l’exclusivité (rires).

Concernant les livres d’histoire, les essais, les essais de cinéma etc publiés par la Maison. Est-ce le résultat d’une volonté de diversification de votre part ?

L’idée est de diversifier notre catalogue. Rester sur la littérature mais s’ouvrir sur d’autres genres. On n’est pas dans un pays où l’on peut se concentrer sur un seul genre. On a remarqué que les livres d’histoire marchaient bien, c’est une manière d’élargir le public, qui ira peut-être voir du coté de la littérature après coup. Il y a aussi 2, 3 projets qui visent à défricher le coté cinématographique. On réfléchit avec des auteurs à ce que l’on veut faire, mais je ne peux là aussi en dire plus.

Il y a beaucoup de gens en ce moment qui s’activent dans le domaine de la culture. Quand on évoque notre métier, on parle de création, de réflexion, de construction. On est tous en train de construire un mouvement culturel. Vous, nous, les plasticiens, les auteurs. On participe à ce même mouvement.