Jean Sénac : Une passion algérienne

07/07/2012, 19 h 54 min Partages0
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Ce serait vraiment indécent de se remémorer ce cinquantenaire d’indépendance, sans avoir une pensée profonde pour un homme qui avait pris l’Algérie pour Amour et s’est rallié à la résistance algérienne pour combattre avec ses mots à défaut d’armes au côté de ce qu’il considérait comme son peuple.

Un homme qui est arrivé à dire ceci : «Ils me tueront ou bien ils me feront assassiner. Mais je ne quitterai jamais en lâche ce pays où j’ai tant donné de moi-même. Ils feront de moi un nouveau Federico Garcia Lorca».

Jean Sénac, algérien de l’âme, poète, écrivain, fervent militant pour la cause nationale, la justice et la promotion d’une culture algérienne, est né en 1926 a Béni Saf de père inconnu, il grandit dans un amour total de l’Algérie et est très proche de son peuple.

Ayant pour grand modèle René Char et Albert Camus, (il considérait ce dernier comme un père jusqu’au froid qui s’installa entre eux après la prise de position de Camus concernant la révolution algérienne), il aimait aussi en Lorca, son rôle et ses mots écorchants au cours de la guerre civile d’Espagne. Sa poésie a, en effet, été fortement inspirée de lui.

Sa revue Soleil (1950) puis Terrasses (1953) ont permis à des écrivains tels que Mammeri, Yacine, Dib, Haddad et d’autres de s’exprimer et de dénoncer le drame algérien. Il publia en 1954, à la veille du déclenchement de la révolution, et sous la direction de Camus, son premier recueil de poèmes nommée « Espoir ».

Il fut membre de la fédération française du FLN et s’assura de la continuité du tirage du journal El Moudjahid. Il disait : «Je suis né algérien ! Il m’a fallu tourner en tout sens dans les siècles pour devenir algérien et ne plus avoir de comptes à rendre à ceux qui me parlent d’autres cieux. (…) O folie ! Je dis que je suis algérien et ils me rient au nez…».

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