« Les eaux troubles du Mojito », signé Delerm

13/01/2016, 21 h 02 min Partages0 Delerm
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« Bonne année », nous disait-on la veille du 1er janvier, nous étions optimistes, nous le sommes toujours, même si l’actualité mondiale en général, et nationale en particulier, laisse à désirer. Entre inflation, pseudo-crise-éco, révision de la constitution et autres termes déprimants qui cassent le moral en ce début d’année, le pessimisme, voire le défaitisme, semble vouloir s’installer.

En laissant de côté les antidépresseurs et les anxiolytiques qui forcent le sourire et font apprécier les bonnes choses de la vie –en théorie, pour « bien » passer les jours à venir, il y a Philippe Delerm et son dernier livre « Les eaux troubles du Mojito et autres belles raisons d’habiter sur terre ». Un recueil de nouvelles, plus chroniques mélancolico-enthousiasmantes qu’autre chose, le livre de Delerm qui fait à peine 90 pages rend hommage, vous l’aurez deviné, aux petits plaisirs de la vie.

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Des instants d’enfance aux moments d’abandon psychiatricopsychique en passant par les plaisirs quotidiens. Ce livre est un hommage à la vie, une ode à la joie. On y décèle une infinitésimalité de passéisme qui fait virer les souvenirs de leur statu quo le plus simpliste à celui d’épisodes de perpétuelle réjouissance.

Le terme « souvenir », selon Delerm, renvoie aux événements marquants ancrés au plus profond de la mémoire, mais pas seulement. Dans ce livre, il est question des petits plaisirs auxquels on peut avoir affaire, voir les lèvres d’un enfant bouger lors de ses premières lectures, danser sans savoir danser, s’aimer dans le métro ou simplement être dehors, sous la pluie un jour d’averse. D’autres textes sont plus mélancoliques et font plus ou moins réfléchir.

« Alors ? Alors, c’est incroyable, mais pour profiter vraiment du soir d’été, il faut que vienne au cœur l’idée de sa fragilité, la sensation qu’on le vit pour la dernière fois. J’ai fait une salade de fruits pour le dessert. Allumons une cigarette. Souvenons-nous du présent. Vivons dans le présent. Avec le sentiment que c’est presque impossible » extrait du texte Un soir d’été.

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