The Lone Ranger: La critique

30/11/2013, 15 h 05 min Partages0
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Annoncé comme un futur flop et foudroyé par les critiques US à sa sortie, The Lone Ranger a subit moults épreuves difficiles et même s’il ne s’en est pas relevé, notre objectif est de vous redonner espoir en ce film réalisé par Gore Verbinski, grand cinéaste derrière la trilogie Pirates des Caraïbes, sous-estimée de part ses deux derniers volets à son époque aussi.

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Qu’on se le dise, The Lone Ranger n’a pas la prétention de trop en faire avec un scénario élaboré, c’est un divertissement complet avec une histoire juste et bien ficelée. Et Gore Verbinski sait y faire avec ce genre de films, il a ce don d’amener l’action avec humour, suspens et un rythme fou qui rendent le décrochage du film, ne serait-ce que pour quelques secondes, impossible. Le scénario puisqu’on en parle et puisque c’est l’élément le plus anecdotique du film, reste moyen certes, mais permet de suivre un fil rouge parsemé d’évènements passionnants. Il n’est donc pas primordiale d’avoir un QI extrêmement élevé pour le comprendre mais reste intéressant dans la mesure où les personnages sont bien travaillés, les acteurs bons et les scènes d’action servant le récit.

On suit durant le film John Reid (Justin Hammer) et Tonto (Johnny Depp),  un duo qui rappelle beaucoup celui que formaient Will Turner et the_lone_rangerJack Sparrow. Un procureur et un indien unis par le destin dans une quête de vengeance/justice commune, et si cet élément peut sembler banal et cliché on se rend compte par la suite qu’il n’est ni plus ni moins que la grande (et seule) force du scénario. Particulièrement à cause des origines de Tonto qui apportent une touche dramatique au long métrage, on se surprend à apprécier encore plus ce personnage quand on apprend que ses idées et actes fous viennent d’un moment tragique de son existence. L’interprétation de Johnny Depp quant à elle est vraiment moyenne et l’acteur fétiche de Tim Burton ne sait plus faire de personnages originaux comme on les aime, l’erreur pourrait revenir à l’équipe du film qui est la même que celle ayant opéré sur Pirates des Caraïbes dont le personnage de Tonto s’inspire fortement de celui de Jack Sparrow (guide, personnage loufoque…) mais perdant en charisme faute de répétitivité.

Heureusement, ce n’est pas le cas du reste des personnages qui, tout en représentant des caricatures bien banalisées du Western, trouvent une www.indiewire.comjustesse et un ton parfaits. Nous citerons principalement le rôle de Armie Hammer, personnage particulièrement touchant de part sa perte au début du film et sa fragilité bourgeoise, il trouvera néanmoins une nouvelle voie durant le film qui le rendra encore plus intéressant et charismatique sans jamais perdre en crédibilité vu les évènements. Les personnages secondaires quant à eux sont très bons -mention spéciale à Helena Bonham Carter– et trouvent réellement une place dans le film à travers l’histoire. Le vilain quant à lui, interprété par William Fichtner (Prison Break), est extrêmement crédible dans son rôle, d’autant plus que la révélation de sa quête et de ses alliés se présente comme un moment fort du film qui marche plutôt bien malgré qu’on s’y attend un peu depuis le début. En définitif, le film apporte pléthore de personnages secondaires délicieux toutefois ce n’est pas le cas de tout le casting.

En ce qui concerne les effets visuels, il devient difficile d’en parler depuis quelques années puisqu’un film avec de mauvais effets spéciaux devient introuvable et celui-ci ne déroge pas à la règle. Visuellement il y a eu du travail, c’est soigné, beau et très réaliste surtout qu’il s’agit d’un film western, censé ne faire intervenir aucune notion surréaliste mais quand il s’agit de Gore Verbinski, il n’est pas aisé de s’y faire. Toutefois, certains passages picotent les yeux et décrédibilisent le tout – un cheval qui saute d’une grange en feu… C’est possible -.  On ne pourra pourtant que saluer le travail fourni, particulièrement durant la scène finale sublimée par un humour, une musique, des enjeux et un suspens extraordinaires. Ce passage est d’ailleurs le point d’orgue du long métrage, la cerise sucrée à la chantilly sur un gâteau déjà bien garni. Dix minutes intenses qui rappellent, encore une fois, les batailles navales dans Pirates des Caraïbes.

Pour en revenir à l’analogie Pirates/Ranger, elle est trop présente et en cet élément réside le gros défaut du film, du moins pour certains, puisque lone_rangerles amoureux de la trilogie Pirates aimeront tout autant ce film avec la même passion tandis que ceux ayant simplement apprécié ou carrément détesté ne trouveront en rien leur bonheur. Les scènes d’actions rappellent Pirates, les situations loufoques rappellent Pirates, les personnages rappellent Pirates, les dialogues rappellent Pirates… Bref, un travail artistique quasi inexistant, qui permet toutefois de copier les qualités vérifiées de Pirates notamment le rythme, l’humour et les personnages, mais on pourrait penser que l’équipe de production n’aura fait que transporter l’univers de Pirates des Caraïbes en western.

Ce dernier point n’est pourtant pas mauvais, l’ambiance Far West est parfaitement retranscrite à travers The-Lone-Ranger-the-lone-ranger-34642976-1900-965les décors, personnages et indices historiques. Tout est fait pour qu’on se sente dans un vrai film western tout en apportant quelque chose de nouveau. En effet, The Lone Ranger n’est pas un western classique mais une sorte de western moderne qui apporte une fraicheur folle à ce genre « démodé ». Tout comme Tarantino avec son Django Unchained, Verbinski apporte sa propre touche à cet univers qu’il avait effleuré dans le film d’animation Rango. En outre, le film cherche à dénoncer la cruauté de l’Américain et de l’homme en particulier, et au risque de paraitre raciste, les personnages ne se retiennent à aucun moment pour insulter l’État Américain vrai, juste et droit. On retrouve alors tout ce qui est propre à ce genre: Décors et personnages comme cité plus haut, mais aussi des références et des clins d’œil à de vieux films.

En dernier lieu, la musique. Hans Zimmer ne fait pas dans l’originalité et c’est d’un côté tant mieux puisque ça permet l’immersion rapide, de l’autre dommage vu la qualité de son du compositeur Allemand. Le monsieur ayant été occupé durant toute l’année avec l’OST de Man of Steel, le résultat final reste bon, puisque inspiré du grand Gioachino Rossini, mais déjà vu. Pourtant Zimmer fait le western bien, en démontre la musique du film qui est franchement réussie (quoique courte), le thème « Finale » est une réussite de bout en bout et le reste des morceaux vaut le coup d’écoute, pourtant on a souvent une impression de déjà-entendu et une petite touche perso de la part de Zimmer n’aurait pas fait de mal.

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Au final, The Lone Ranger n’est pas exempt de défauts mais reste très juste voire bon et contrairement à ce qu’en disent les critiques, ce film est un vrai régal pour les yeux comme pour les oreilles: Les personnages sont bons, les scènes d’actions folles, les dialogues intéressants. Les deux principaux défauts du film restent son scénario léger mais qui tient la route et surtout la similitude avec la trilogie Pirates des Caraïbes. The Lone Ranger est un film à voir quand on aime Pirates des Caraïbes et pas forcément les westerns, où alors quand on ne connait pas Pirates des Caraïbes et qu’on aime les westerns.

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