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Source photo : musicradar

Lumière sur Mamie Smith, déesse du blues

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Source photo : musicradar

Il est impossible de parler de l’influence des femmes dans la musique contemporaine, sans parler d’une femme en particulier, celle qui a ouvert la voie à des générations d’artistes à travers le monde. Une femme qui a réécrit l’histoire de la musique populaire et cela presque par accident.

Pianiste, actrice, chanteuse et danseuse de cabaret et de vaudeville, Mamie Smith avait la classe et le talent, mais rien ne la prédestinait à jouer un rôle aussi important dans l’histoire de la musique. C’est ainsi, par un pur hasard qu’elle se retrouva un jour de l’été 1920 dans les studios d’Okeh Records. Ce 10 août 1920 resté à jamais gravé dans l’histoire.

A l’origine, Perry Bradford avait convenu avec les responsables de la maison de disques d’enregistrer deux de ses chansons It’s Right Here For You, If You Don’tGet It et le légendaire Crazy Blues, qui allaient être interprétées par la chanteuse Sophie Tucker, et comme parfois le malheur des uns fait le bonheur des autres, elle était tombée malade peu avant la date de l’enregistrement.

Persuadé que le marché des Blacks était un marché très juteux, Bradford avait réussi à convaincre les dirigeants d’Okeh d’engager Mamie, et ce fut la révélation.La petite chanteuse qui se produisait dans les  clubs pourris de Harlem, devint « The Queen of blues ».

Crazy Blues, se vend comme des petits pains, 75 000 exemplaires la première semaine, et plus d’un million de disques vendus enmoins d’une année et à la surprise générale, le disque se vend mieux dans la communauté afro-américaine.  Devenue un véritable phénomène de mode, Mamie Smith continue à enregistrer et surtout à enchainer les succès et les tournées à travers les États-Unis et en Europe en compagnie de sa troupe « The Jazz Hounds », elle apparait également dans le film Jail House Blues en 1929, sa carrière est couronnée de succès jusqu’en 1931 ou elle se retire de la scène pour y revenir en 1939 dans le film Paradise In Harlem, puis dans Mystery in Swing, SundaySinners (1940), StolenParadise, Murder on Lenox Avenue (1941), et Because I Love You (1943).

Elle est hospitalisée en 1944, et meurt en août 1946 à New York,  tout comme la majorité des artistes noirs de l’époque, l’alcool et la pauvreté ont fini par avoir raison d’elle.

Mis à part son succès phénoménal, et surtout inattendu, la reine du blues a ouvert les portes de la gloire à la Race Music, les producteurs et les maisons de disques s’arrachaient les artistes noirs, en allant piocher des talents dans les plantations, et dans les clubs. Elle fut aussi une source d’inspiration pour des générations de « Classic Blues Singers », elle avait créé tout un style, avec ses spectacles entre chant et comédie, ses tenues  et ses bijoux tape à l’œil, beaucoup de chanteuses, noires ou blanches se sont inspirées de cette bête de scène, de Bessie Smith à Marilyn Monroe, en passant par Ma Rainey, Lavinia Turner ou encore Peggy Lee.