« Normal » de Marzak Allouache : notre critique

08/01/2012, 22 h 15 min Partages0
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Sortie fortement attendue, le film NORMAL de Marzak Allouache est dédié au sujet sensible qu’est la censure du politiquement correct, subie par les réalisateurs et les metteurs en scène dans les domaines du théâtre et du cinéma.

Mais le film ne s’arrêtera pas à ce volet seul, et va aborder de manière, fortement horizontale, plusieurs volets du malaise socioéconomique qui secoue le pays.

D’emblée, le décor était planté avec une première scène d’intérieur qui se déroulait, avec en bruit de fond les slogans de foules qui battaient le pavé d’Alger, à l’hiver et au printemps 2011. Et puis une femme qui préparait amoureusement sa banderole, à l’effigie du slogan légendaire qui remonte au cœur de la décennie noire qu’a connu l’Algérie durant les années 1990s : « DJAZAIR HORRA DIMOCRATIA » (Algérie Libre et Démocratique).

Tous les éléments sont là : un réalisateur paumé qui ne trouve pas (plus) sa voie ni celle du rythme d’Alger, une scénariste idéaliste tiraillée entre son rôle d’épouse et de femme émancipée, un acteur qui défie le tabou dans le film sujet du film, une actrice importée, car seule à accepter de se faire embrasser durant le petit film et enfin une ribambelle de jeunes acteurs juchés entre leur désir d’aller plus loin dans leur jeu et jugulés par leurs propres freins socioculturels.

NORMAL que le petit film dans le film réunissait les éléments nécessaires pour constituer un véritable manifeste à la liberté d’expression et de création artistiques. Le petit film ose, en montrant de longs baisers, le petit film ose en parlant de la censure imposée par la tutelle, le petit film ose en montrant la ghettoïsation de l’amour et du sexe en Algérie et NORMAL ose en débattant librement des sources de frustrations physiques et intellectuelles dans notre pays.

Difficile de faire la critique lorsque le sujet de cette dernière est un choix de réalisation. L’ambiance entre reportage et film d’archives ; avec surexposition et javellisation des couleurs, donnait un cachet qui nous faisait remonter aux années 70s ; nous rappelant ainsi les années d’or du cinéma algérien. Ces années de gloire étaient, aussi, la période des grands rêves d’une jeunesse algérienne idéaliste.

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