Rencontre avec le jeune caricaturiste Ghilas Ainouche

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Temps de lecture estimé 4 minutes et 53 secondes

Véritable étoile montante de la caricature et la BD en Algérie, Ghilas Ainouche a su faire parler de lui en usant de son talent pour aborder divers sujets, nationaux et internationaux, sans manquer d’humour. Vinyculture a eu l’occasion d’interviewer ce jeune prodige et a le plaisir de le partager avec vous! 

VINY: Ghilas, je rappelle que vous êtes un jeune étudiant, originaire de Bejaïa, passionné de théâtre et principalement de dessin.

GHILAS: Étudiant en génie civil à l’université de Béjaïa. Contrairement aux autres, le dessin occupe la plupart de mon temps et en parallèle, je poursuis mes études. Le théâtre fait partie de mon histoire ancienne.

VINY : Dites-nous, pourquoi vous vous êtes orientés vers la bande dessinée et la caricature ?

GHILAS:  C’est le domaine qui me va à merveille. En dessinant, je sens que je plane au dessus de la terre, voyageant à travers le temps et l’espace. C’est ce que je fais depuis mon enfance. D’ailleurs, je me suis vite fait remarquer par mes amis et mes enseignants. Ils étaient toujours à l’affût du moindre de mes dessins qui donnaient lieu à de véritables moments de plaisir. Avec le temps, je suis devenu un accro de ce noble art.

VINY: De toutes vos caricatures, laquelle vous a-t-elle le plus marquée et pourquoi ?

GHILAS: A chaque fois, je me vois marqué par la dernière caricature que j’oublie dès mon passage à la suivante.

VINY: Lorsqu’on fait de l’ombre aux autres, on nous met dans l’obscurité. Lors de vos débuts, comment avez-vous fait pour avoir une place et faire briller votre talent ?

GHILAS: Au départ, je me suis laissé emporter par ma passion. Rien d’autres ne me venait à l’esprit. Je ne savais même pas qu’un caricaturiste pouvait être un professionnel vivant de son art. Tout ce qui a trait à ce domaine m’intéresse. Je fais énormément de recherches pour répondre au mieux à toutes les questions que je me pose intérieurement. Il n’y a que le travail qui m’intéresse. Depuis 2007 à ce jour, aucune de mes caricatures publiées n’a été payée, même si j’ai bossé dans pas mal de publications (Le jeune indépendant, Avis, BRTV…). Pour résumer, en 5 ans de dur travail, je n’ai reçu aucun centime. J’ai gagné mieux, la sympathie des gens et leurs compliments qui me vont droit au cœur.

VINY: L’année 2012, est particulièrement mouvementée pour vous. Vous avez participé à l’initiative de Djezzy appelée Prodiges, un trait rebelle et sulfureux tel est le titre d’un article d’El Watan parlant de vos talents, vous êtes présent aussi à TV5 Monde à l’occasion du 50ème anniversaire de l’indépendance et l’une de vos caricatures a été publiée dans le quotidien Français l’Humanité… L’année n’est pas encore achevée, quelles sont vos attentes pour les mois à venir ?

 

GHILAS: Cela montre que le sérieux et la persévérance sont souvent payants. A vrai dire, ce qui importe le plus c’est le talent. Le talent finit, tôt ou tard, par être reconnu. Il faut juste s’armer de volonté et de patience. Pour le moment, je suis à la recherche d’un bon quotidien qui va m’offrir un espace d’expression libre de toute contrainte et si on me paye pour ça, je ne dirais pas non (rire). J’ai aussi un projet qui me tient à cœur, soit l’édition d’un livre où je rassemblerai toutes mes caricatures.

VINY: Vous vous inspirez de ce qui vous entoure, mais que pensez-vous apporter à ceux qui vous entourent à travers vos dessins et comment imaginez-vous cet environnement dans les années à venir ?

GHILAS: Je ne fais que rapporter de manière fidèle le vécu réel de notre société. Chaque caricature est porteuse d’un message. Mon souhait est de joindre l’utile à l’agréable, c’est-à-dire faire rire tout en éveillant les consciences. Pour la situation à venir, son amélioration ne peut dépendre que de nos gouvernants. Quant à moi, je ne me sens investi d’aucun pouvoir de changement, mis à part celui de mettre sur papier mes observations.

VINY: Vous exposez déjà votre travail dans un café littéraire à Bejaïa. C’est pour quand l’exposition à Alger ?

GHILAS: Ce n’est pas à moi de m’inviter. Retournez la question aux responsables concernés (rire). Mon vœu est d’arriver à exposer mes travaux dans toutes les contrées du monde.

VINY: Pour finir en quelques mots, racontez-nous chacun de ces trois caricaturistes : Dilem, Slim, Le Hic.

GHILAS: A chacun son style, sa personnalité. Ali DILEM est celui qui s’est fait le mieux connaitre à travers le monde, il est devenu un dessinateur de dimension internationale à l’image de PLANTU, CABU, CHAPPATTE,… En dehors de ‘Liberté’, il a eu une place de choix dans l’émission ‘Kiosque’ TV5 MONDE. Pour ce qui est de SLIM, de son vrai nom Merabtene Menouar, il est le père de la BD algérienne. BD algérienne de mère inconnue (rire). Il représente la première école des bédéistes qui l’ont suivi, une référence sûre pour tous les caricaturistes. En plus, il est le plus productif de tous. Hicham Baba Ahmed alias ‘Le HIC’, quant à lui, est un autre talent qui a réussi à gagner sa place après un passage dans les quotidiens l’Authentique, Le matin, Le jeune indépendant, Le Soir et pour finir El Watan. Actuellement, il est très en vue en Algérie car il a su dépasser nos frontières.