Retour sur le boom des ateliers artistiques en Algérie

30/05/2014, 15 h 27 min Partages0
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Meltin’art, Art’Landz ou la Bulle Artistique, ces noms encore inconnus il y a quelque temps sont aujourd’hui au coeur de la formation artistique en Algérie, proposant ateliers et initiations de façon régulière. Retour sur le boom de ces établissements pas comme les autres.

calligraphie

Qu’ils proposent des initiations à la calligraphie, des formations en derbouka ou des ateliers de sculpture pour enfants, ces écoles et ateliers viennent répondre à une demande qui se fait de plus en plus pressante, malgré la présence depuis plusieurs années d’autres établissements de formation artistique, à l’image d’Artissimo.

Mais là où Artissimo propose des formations à long-terme et diplômantes, touchant à l’infographie, la décoration et la musique, “La Bulle Artistique” ou “Meltin’Art” vont plus loin, et tentent de couvrir tous les arts. Le dernier cité a lancé dans cette optique un appel aux artistes de tous poils afin d’enseigner au sein de l’Atelier.

Quant à la genèse de ces projets, elle est issue pour beaucoup d’un lieu commun : une passion pour l’art, la peinture en particulier. Pour Djazia El Mokhfi, directrice des ateliers “Bouffée d’art”, le besoin était aussi personnel : « J’ai toujours été passionnée par la peinture et l’art en général, javais pris des cours et je peins à mes heures perdues. J’ai vite constaté qu’il y avait un manque d’espaces conviviaux à Alger, j’ai voulu meubler avec mes modestes moyens, et c’est ainsi que j’ai créé les ateliers bouffée d’art il y a de cela un peu plus de trois ans».

Même son de cloche du coté d’Amel Bouabbane, qui n’a pas hésité à quitter sa zone de confort pour se lancer dans l’aventure « Meltin’Art » :  » L’idée me trottait dans la tête depuis plusieurs années, 5-6 ans au moins, alors que je vivais encore à l’étranger. Je suis rentrée en Algérie pour ouvrir Meltin’Art, c’était mon objectif premier. Étant petite, ma mère nous initiait à beaucoup d’activités artistiques (peinture, musique, céramique…). Mais avec le temps, je me suis rendue compte qu’il n’existait que très peu de structures permettant aux enfants de s’épanouir, d’apprendre, de s’amuser, et de se rencontrer aujourd’hui. Je me suis également aperçue que les mamans peinaient à faire faire des activités à leurs enfants, et qu’il y avait un réel besoin à ce niveau-là».

Les enfants comme première cible pour ces ateliers, mais pas seulement ! D’Art’Landz à la Bulle artistique, en passant par «Bouffée d’art», tous proposent aujourd’hui des cours pour adultes : « Plusieurs de mes amis voulaient faire du piano, de la guitare, de la photo…mais avaient du mal à trouver ça dans la région d’Alger. Alors je me suis lancée. J’ai mis 2 ans avant de sauter le pas. Les choses devaient encore mûrir. Avant ça, j’étais DRH adjointe dans une banque française en Algérie et je me rendais compte que ce n’était pas ce que je voulais. Une fois la décision prise, les choses sont allées très vite. Le plus long était de sauter le pas. Cela ne m’a pris que 2-3 mois pour tout mettre en place (démarches administratives, aménagement du local…)», poursuit Amel.

Aujourd’hui, en plus des formations proposées, les ateliers se projettent vers le post-acquis, en mettant en place des expositions, où les artistes en herbe ont l’occasion de dévoiler leurs œuvres au public.

Une manière de poursuivre le travail en amont et encourager les plus jeunes à se consacrer à leur passion naissante.

L’art se conjugue au féminin en Algérie

Fait amusant : ces lieux de culture ont pour autre point commun leur genre. Ils sont en effet tous gérés ou ont été lancés par des femmes. Une particularité qui peut s’expliquer pour Djazia par “une plus grande sensibilité féminine à tout ce qui est beau et à l’art en général ».

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