Retro-Test : Batman Arkham Asylum – PC

20/10/2013, 22 h 07 min Partages0
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Combinaison noire à cape, masque surmonté de deux oreilles pointées vers le haut, fortune familiale, orphelin, connaissances hors-normes, agilité martiale, gadgets technologiques, vous aurez surement reconnu-là les traits du chevalier noir. Le détective le plus ténébreux et le plus célèbre investit nos PC et consoles avec Batman Arkham Asylum pour une mission de la plus haute importance : enfermer le diabolique et truculent Joker.

Contexte : lever le mystère sur la qualité douteuse des adaptations vidéo ludiques

La réputation des adaptations vidéo ludiques (du cinéma, de la BD/comics ou des dessins animés) se traîne dans la gadoue depuis plusieurs révolutions terrestres déjà. Sorti de l’ère 16 bit où la Super Nintendo et la Megadrive nous avaient honorés de conversions réussies, la suite ne fut que ratage et désillusion ponctuée d’étrons, de mascarades en boite et d’exploitation de licence crapuleuse, abusive et sans scrupules.

Depuis Batman Returns et The Adventure of Batman & Robin en 1993 et 1994, la chauve souris n’a plus eu de jeu à la hauteur de son prestige ou à l’attente des millions de fans (même si Batman Vengeance avait attiré quelques fans). Conséquemment, la moindre sortie de titre sous cette licence est aussitôt vue d’un mauvais œil ou est négligée en bonne et due forme.

Nonobstant cette spirale infernale, le studio britannique Rocksteady s’est afféré sur un tout nouveau jeu de la licence Batman intitulé « Batman Arkham Asylum », Beat’em all 3D avec des éléments d’exploration et d’infiltration. Le 28 août 2009, le jeu sort et le temps du verdict avait sonné. Mais avant d’entrer au cœur du sujet, il est primordial de connaitre les événements de l’intrigue (Garanti sans spoil).

Scénario : De quoi as-tu vraiment peur, batou ? Dis-le moi !

Le Joker est de retour pour continuer à jouer des mauvais tours à son meilleur ennemi : Batman. Il s’est arrangé pour provoquer un incendie à la prison de Blackgate de Ghotam, qui a abouti au transfert des malfrats les plus dangereux à l’asile d’Arkham (Killer Croc, Zsasz, L’épouvantail, Bane..etc), des vilains que le chevalier noir a lui-même mis sous les barreaux

Batman a donc pourchassé le clown et a fini par l’appréhender, un peu trop facilement à son gout. Cette impression n’est d’ailleurs pas anondine puisque cette arrestation faisait partie intégrante du plan diabolique échafaudé par le Clown maléfique.

Une fois le Joker conduit à Arkham, son plan se met en branle. Un vigile corrompu a fait tomber la sécurité libérant tous les bandits : L’île entière bascule sous le contrôle du Joker, et Batman est au centre de cette foire organisée dont il devra reprendre le contrôle.

S’ensuit alors une course contre la montre à la recherche du Joker, qui prend un malin plaisir à jouer avec « Batou », allant jusqu’à l’épuiser, physiquement et mentalement. Un délice de voir cet aspect du personnage adapté et de façon plus que satisfaisante.

Concept : Arkham, je t’expurgerai et connaîtrai tes moindres secrets

Tout se passe donc sur l’ile d’Arkham. Le domaine est une zone ouverte qui contient cinq édifices (le quartier des soins intensifs, le pénitencier, le centre médical, le manoir et les jardins botaniques), qu’il est possible d’explorer de fond en comble, chacun d’eux se concluant par la découverte d’éléments scénaristiques qui font progresser l’intrigue et l’équipement de Batman.

Les lieux sont bardés d’ennemis et sont construits de sorte à offrir aux joueurs deux approches différentes pour s’en défaire : le « foncer dans le tas » ou la discrétion. Ces deux voies sont les piliers du gameplay qu’il est temps d’aborder.

Gameplay : J’mets mon poing où j’veux et c’est souvent dans la gueule

Tout d’abord, mettons sur le grill la partie la plus punchy, les phases de combat où la chauve-souris descend du bandit par paquet de dix. Une touche pour donner des coups, une pour contrer et une autre pour étourdir, voilà l’arsenal du corps-à-corps. Cela peut vous sembler léger mais Rocksteady a réussi à y insuffler un dynamisme et une puissance qu’on ressent immédiatement.

Du coup, on enchaîne entre les trois possibilités avec dextérité à la manière d’un jeu de rythme, dans la mesure où chaque action a plus d’effet si elle est réalisée au bon timing. Chaque fois qu’un ennemi est sur le point d’être mis KO, une touche de mise à mort apparaît, puis une fois le dernier de la bande bientôt fini, le finish move passe en slow motion, vous donnant le temps d’apprécier toute la puissance des châtaignes de Batman.

L’autre grosse composante du gameplay est la discrétion. Batman est puissant mais n’est pas immortel. Mieux encore, Batman meurt très vite face à des hommes armés. Il faudra alors ruser et utiliser l’environnement pour faire diversions, séparer les patrouilles et sonner les plus isolés. Pour ce faire, il est mis à disposition du joueur plusieurs gadgets: le gel explosif qui permet donc d’être étalé sur une surface à faire exploser au passage d’un garde ou bien tout simplement le grappin et les batarangs qui sont utilisés de la meilleur des façons dans le jeu, en respect total avec le personnage.

Pour vous aider dans votre approche feutrée, des gargouilles en hauteur vous servent à avoir une vue d’ensemble, à planer au-dessus de tout le monde ou à fuir en cas de danger. Un système de couverture est également présent, mais votre salut se pointera surtout avec la vision X du masque. Cette vision vous permet de voir à travers les murs la position des ennemis, chose qui devient indispensable en haut niveau de difficulté.

Après la puissance, on sent par cette voie toute l’espièglerie du personnage, sa force tranquille et sa félinité. Jamais un jeu ne nous aura aussi bien fait porter le costume du super héros de DC.

Enfin, la partie exploration sert surtout à la complétion du jeu à 100 %, à travers différents enregistrements audio et rapports manuscrits qui nous informent de l’histoire des différents antagonistes présents dans le jeu, les énigmes d’Eddward Nygma, alias l’Homme Mystère, qui vous donnent un indice à chaque entrée de salle sur l’emplacement du secret à dénicher ou encore les endroits secrets. Si de prime abord, le tout s’annonce ennuyeux, on se surprend à être passionné par les découvertes faites suites aux énigmes d’Enygma.

Durée de vie : l’important ce n’est pas la longueur, c’est l’utilisation qu’on en fait

La campagne solo est assez courte tant le jeu est bien rythmé et prenant de bout en bout. On aurait vraiment voulu en avoir davantage et profiter plus de l’homme chauve-souris. Surtout que la variété des situations rencontrées est vraiment appréciable et nous fait encore plus immerger dans l’histoire qui prend place dans l’asile d’Arkham.

Il y a beaucoup de moments forts dans le jeu. Les passages avec l’épouvantail qu’on ne vous spoilera pas, la poursuite de killer croc, la découverte d’un lieu emblématique au détective, les différentes rencontres avec le Plaisantin et Harley Quinn…etc. On vous garantie que vous vous amuserez du début à la fin, fin qui arrive d’ailleurs trop vite.

Heureusement, un New Game + est de la partie ce qui permet de refaire l’aventure pour le 100 %, accéder à tous les endroits de la carte, tout récolter et profiter au maximum du level design. Un mode défi est aussi présent consistant à remplir certaines missions comme battre un certain nombre d’ennemis d’une manière spécifique, en temps imparti ou avec d’autres impositions contraignantes.

Graphisme et bande-son : Immersion totale dans l’ile d’Arkham

Dernier point important à aborder : la technique. Graphiquement, Batman Arkham Asylum exploite à merveille l’Unreal Engine 3. Quatre années plus tard, le jeu tient très bien la route (version PC) et permet une direction artistique savoureuse, qui rend parfaitement hommage aux comics. De même pour les animations en combats qui donnent lieu à une chorégraphie très agréable à l’œil, ce qui nous donne l’impression de faire des choses incroyables rien qu’en appuyant sur quelques boutons. En revanche, l’animation labiale en cut-scene est ratée.

Quant au niveau sonore, et bien on ne peut pas dire qu’il a quelque chose à envier aux graphismes. Les doublages sont très bien réalisés, les dialogues gagnent beaucoup en vie grâce à leur qualité et l’ambiance globale est servie par une bande-son on ne peut plus juste et immersive. Avec un casque sur les oreilles, l’immersion est totale. Les yeux et les oreilles sont clairement gâtés.

La bande originale est quant à elle très proche de celle des films de Christopher Nolan, tout en apportant une touche perso, un tout cohérent à l’image du jeu qui ne surfe aucunement sur la vague des films mais crée son propre univers et sa propre histoire.

Personnages et ambiances : Un retour aux sources mêlé à un univers cohérent.

Le jeu étant ce qu’il est, une réussite et un chef d’œuvre vidéo-ludique, il n’en demeure pas moins une réussite pour les fans de comic books aussi, qui voient ici l’une des meilleures adaptations du Chevalier Noir. Une ambiance noire sans être glauque, des personnages fidèles aux comics et merveilleusement bien adaptés, des élément oubliés depuis longtemps et remis au goût du jour à travers différents points scénaristiques mais aussi secondaires. Le jeu se présente vraiment comme une mine d’informations sur l’univers du Caped Crusader et son passé. Toutefois, de nouveaux morceaux sont aussi mis en place afin d’étoffer l’univers.

Mais la force du titre vient surtout de son ambiance, le choix d’environnement à huit-clos (l’Asile d’Arkham) permet de découvrir plusieurs personnages enfermés et faisant ressortir toute leur splendeur, le tout agrémenté d’événements scénaristique à la hauteur d’un blockbuster hollywoodien.

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Conclusion :

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