Suicide Squad – La critique

03/08/2016, 15 h 26 min Partages36 suicide-squad-critique
Temps de lecture estimé 4 minutes et 44 secondes

Après un Batman v Superman – Dawn of Justice incompris à juste titre, Warner Bros et DC Comics se devaient d’apporter un vent nouveau à leur univers en changeant totalement de direction, mais pas totalement. Suicide Squad s’inscrit dans le DC Extended Universe et essaie tant bien que mal de nous faire suivre une histoire qui, à la base, est des plus simplistes.

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Pour commencer, le film de David Ayer se permet des écarts rarement vus dans le genre. Son traitement de sujets trash, voire indécents, nous permet de voir un côté encore plus sombre de l’univers DC. Une facette qui donne certes une identité au film mais qui tranche radicalement avec une campagne promotionnelle vantant trop souvent un long métrage fun, décontracté et décalé. Les nombreuses tentatives de la Warner pour vendre son film sont donc louables, mais légèrement mensongères. Suicide Squad donne en effet la part belle à des personnages radicalement mauvais, sur ce point il n y a rien à redire, mais les mener vers une rédemption peu crédible n’aide pas beaucoup l’immersion du spectateur dans ce que les différents trailers évoquaient.

506475090Mis à part cela, le film met en scène pas moins de onze personnages aussi différents les uns que les autres, différents caractères et personnalités. Et avec cet élément forcément, il devait y avoir des sacrifices pour permettre aux « vraies » têtes d’affiche de réellement briller. Ainsi, des personnages comme Slipknot, Katana, Killer Croc ou Captain Boomerang sont très souvent oubliés et ne servent qu’à donner plus de punch à des scènes d’action pourtant pas toujours trépidantes dans leur construction. La faute à un Will Smith et une Margot Robbie toujours scintillants. Profitant d’un meilleur traitement que tous les autres personnages, Deadshot et Harley Quinn sont donc les réelles stars du film, cette dernière se permet même d’être l’attrait féminin principal en plus de profiter d’une psyché plutôt bien pensée malgré sa folie apparente, qui paraît quelques fois surfaite. El Diablo, de son côté, arrive à tirer son épingle du jeu et ce, à travers des moments forts émotionnellement et radicalement dérangeants par moments.

XVM8601fb6c-c036-11e5-b21a-aecb1c98c62d-805x453Parlons du Joker. Jared Leto s’en sort bien et… C’est tout. Les optimistes parleront de peu de présence à l’écran tandis que les plus nihilistes pesteront simplement sur une interprétation manquant de « joie », due principalement à une interprétation lorgnant plus vers le psychopathe pur et dur qu’un clown farceur. Après Heath Ledger l’anarchiste, on aurait aimé retrouver un Joker plus souriant, à l’image d’un certain Jack Nicholson. Néanmoins, Jared Leto a travaillé son personnage, et ça se ressent à travers ses 10 minutes à l’écran, il est dérangeant et inspire la crainte au spectateur comme aux personnages qu’il côtoie, aussi peu soient-ils. Sa présence dans le film n’est en fait justifiée que par les attentes du public et un certain plot scénaristique en rapport avec Harley Quinn, tombant très vite à l’eau et ne faisant que renforcer cette impression de pétard mouillé vis-à-vis du personnage.

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