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The Amazing Spider-Man 2: La critique

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Temps de lecture estimé 9 minutes et 57 secondes

The Amazing Spider-Man 2 est une déception sur plusieurs points avec de très bons moments visuels et dramatiques, qui interviennent à la fin de la trame pour leurrer le spectateur et lui donner l’impression que c’est un beau film. Comme ça, au moins, vous aurez été prévenus.

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L’une des rares belles affiches du film

Le scénario, si on peut appeler cela ainsi

Par où commencer ? C’est en fait simple, The Amazing Spider-Man 2 représente à la perfection tous les défauts du genre super héroïque d’un point de vue scénaristique: une narration linéaire, très peu de rebondissements et un intérêt restreint de notre part. Et même si le film arrive à se donner un coup de pouce dans les dernières minutes qui rehaussent sa qualité de plusieurs crans en à peine quelques secondes, le reste ne change pas pour autant la donne, c’est plat et sans envergure réelle. Néanmoins, la relation entre Peter (Andrew Garfield) et Gwen (Emma Stone) reste un plaisir à voir, le naturel qui s’en dégage en est troublant et leurs choix, leur comportement et leurs destins prennent une logique bienvenue même si ces « amourettes » prennent trop de place. C’est d’ailleurs ce qu’on voit le plus, les vilains et autres combats ne sont que peu développés. Tout est fait pour arriver à la conclusion de leur relation. Une relation développée tout en largeur, pressée jusqu’à la moelle. Heureusement que le résultat vaut la peine d’être suivi, et tant mieux puisqu’il n’y a rien d’autre d’intéressant.

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Avouez qu’on dirait une planche

L’intrigue est trop simple, manquant d’ambition. Et après Captain America – The Winter Soldier, il est difficile de ne pas avoir mal au cœur devant un tel vide de narration. Bien évidemment, tout n’est pas à jeter, le personnage de Dane DeHaan (Harry Osborn) est pour exemple très intéressant et est poussé à bout de façon assez intelligente et avec plus ou moins de cohérence, une partie de l’histoire le concerne d’ailleurs. Electro pour sa part, interprété par un Jamie Foxx différent et il faut l’avouer, moyen, est tellement mal dans sa peau que cela en devient caricatural, voire ridicule. Il ne trouvera sa place que dans le dernier acte même si son personnage ne sert strictement à rien, il n’est qu’une marionnette et un faire-valoir. Un aspect paranoïaque est néanmoins exposé vis-à-vis de l’Araignée et avec la musique « parlante » de Hans Zimmer, on y croit.

LE bon point du scénario est bien évidemment « L’histoire jamais révélée » qui était promise dans le premier opus et qui se dévoile ici. Rien de bien fameux au final, mais ça permet au moins d’apporter un peu de consistance, tout en dévoilant pour la première fois au cinéma ce qui est arrivé aux parents Parker.

It’s a plane, it’s a bird… No it’s… Whatever!

Andrew Garfield, sans porter le film sur ses épaules, est excellent en tant qu’acteur, mais ce que Marc Webb fait de son personnage ne relève plus d’un travail d’adaptation mais d’un massacre. On aurait pu s’habituer à l’aspect geek mais extraverti et insoucieux du premier opus, mais là c’est tout simplement insupportable. Et on ne pourra plus dire « C’est le Peter des années 2000, il est moderne ». Son alter ego quant à lui, est représenté de la plus belle des façons, vannes à tout-va, costume réussi, aspect félin et mouvements d’une rare beauté. Bref, on a souvent l’impression d’être devant une page de comics d’autant plus qu’on sent l’inexpérience dans ses mouvements, il est fragile. Il passe par moments plus de temps à se moquer de ses ennemis plutôt que de les combattre, mais c’est fort sympathique envers les comics.

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Comme si deux heures avec eux ne suffisent pas

Emma Stone de son côté est la principale préoccupation de ce dernier. Même un homme contrôlant l’électricité ne semble pas l’inquiéter plus que ça, il n’a de yeux que pour sa dame, il prend ses choix pour elle et agit de façon à la satisfaire et/ou la protéger. C’est mignon et adorable de sa part oui, d’autant plus que la jolie blonde n’a pas l’air d’en avoir besoin, mais on aurait pu aussi passer aux choses sérieuses dés le début. Toutefois, toutes ces niaiseries seront d’une grande importance pour la suite des événements, tout sera utile à un dénouement attendu depuis longtemps. Mais le casting est, avouons-le, très bien étoffé de part et d’autres du film. Et ça ne cause aucun surpoids puisque les personnages s’intègrent très bien au récit avec, un temps et une présence pour chacun, Felicity Jones par exemple, dont le rôle, très minime, reste un gros clin d’œil très sympathique à Felicia Hardy alias Black Cat. Ce n’est peut être pas grand chose, mais face à un tel vide, il est important de noter les rares qualités.

 Avec du pop corn, ça passe beaucoup mieux !

Ici au moins, le film trouve une meilleure voie. Il est en effet orienté grand public et semble n’avoir aucune gêne par rapport à cela. Tout les codes y sont. Il y a de l’action, du rire, un scénario (trop) simple. Le film plaira si l’on veut passer une soirée d’évasion, certains diront qu’il ne cherche pas à faire plus mais malheureusement les bandes-annonces nous auront leurrés. En parlant des bandes-annonces, pratiquement tout ce qu’il y a de plus important dans le film y a été dévoilé: la première scène, le dernier plan de ce dernier, les meilleures scènes d’action. Bref, il n y aura que très peu de surprises dans le film si vous avez suivi sa promotion.

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Ne cherchez surtout pas à savoir ce qu’il y a derrière, ça pourrait vous choquer

Notons toutefois deux des meilleurs aspects du travail de Marc Webb, à savoir son visuel et sa réalisation. Comme dit plus haut, et mis à part le Green Goblin qui s’apparente au Venom de Spider-Man 3 en plus souriant et plus jeune, Spidey et Electro sont des personnages très visuels. Electro précisément a droit à des effets spéciaux qui vous feront frémir, accompagnés d’un rendu réaliste plutôt réussi. Le personnage n’a que deux grandes scènes d’action certes, mais il « brille » littéralement et c’est grandiose et hallucinant à chaque fois. Spidey pour sa part, a droit à des moments en « slow motion », c’est-à-dire au ralenti, qui permettent de suivre sa rapidité avec plus d’aisance et de donner un sens à son célèbre Spider-sense. Ses balancements sont quant à eux parfaits et il y a même des moments en « caméra embarquée » qui permettent au spectateur de suivre les hautes voltiges du Tisseur.

Quelque chose à rajouter ?

La musique de Hans Zimmer bien sûr. L’allemand oscarisé a encore fait un travail bâclé et a demandé à d’autres musiciens (Dont Pharrell Williams) de l’aider contre sa fainéantise. Le résultat est quelque peu décevant même si avec les images, la musique passe mieux. Il y a une certaine naïveté dans le thème qu’il a créé pour Spidey tandis que celui d’Electro et du Goblin sont malfaisants à souhait. Un travail stéréotypé comme pas deux, il s’est seulement basé sur la nature des personnages pour composer sa musique sans chercher plus loin. C’est de ses habitudes, mais pas pour ce genre de films. Mais ne boudons pas notre plaisir, c’est très bien rythmé comme le film et au moins ça ne sert pas d’accompagnement seulement.

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Oui, il fait souvent ce genre de choses inutilement drôles dans le film

Il y a plusieurs moments sympathiques durant ces deux heures et quelques, certaines références amusantes, la relation « électronique » qu’entretient Peter avec un certain J.Jonah Jameson. Le plus gros défaut du long-métrage est au final de ne pas savoir faire le lien intelligemment entre une scène et une autre. C’est décousu et très mal construit tout en restant linéaire. Le résultat est tel que l’ambition derrière est simplement un fantasme gâché en direction des fans. D’autant plus que le tout tarde à commencer. Pour une suite on aurait pu très vite se lancer dans le vif du sujet, mais là, trente minutes sont perdues pour la remise à niveau uniquement.

Il faut savoir enfin que ce film n’est qu’un pont vers un futur long-métrage, Sinister Six, qui adaptera la formation d’une équipe de six vilains emblématiques du Tisseur, ce sera un peu les Avengers des méchants. Les dernières minutes trahissent d’ailleurs ce but caché du film. Cette équipe fera intervenir le Rhino, qui est à peine teasé dans ce film et est interprété par le magistral Paul Giamatti, un vrai délice.

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« Are you ready to give up? »

Ne soyez pas trop curieux

Ce film joue tellement avec nous, que ce sont ses meilleurs moments qui font sa petite force. En parler en évitant tout spoiler devient donc très difficile étant donné l’intrigue qui se base sur ces-dits moments forts en émotion pour se constituer. Si vous voulez éviter de gros spoilers sur le film, ne lisez pas ce qui va suivre. On va parler d’un élément en particulier, un élément cité plus haut qui intervient dans les derniers instants du film, un élément adapté des comics de la plus belle des façons, un élément violent et qui va changer notre Parker international à jamais. Cet élément est bien évidemment (soyez forts, ne surlignez pas) [la mort de Gwen Stacy].

 

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« Hahahaha, Peter? »

Dans les comics, le personnage [meurt de façon dramatique alors que Spidey essayait de la sauver, durant une chute. Il tire alors une toile vers sa direction, il arrive à la rattraper mais malheureusement le choc lui avait fracturé la nuque, la belle blonde mourrait sur le coup]. Dans le film, il se passe exactement la même chose de façon bien plus brutale et bien plus belle, la meilleure scène du film qui, à elle seule, peut redéfinir sa qualité. D’autant plus que durant tout le film la question de savoir si [Gwen et Peter doivent être ensemble ou pas malgré la promesse qu’il a faite à son père] est toujours présente. Cette [mort], comme dans les comics, [devrait changer Peter de façon radicale]. Et il faut saluer Sony et Marc Webb pour ces choix osés. Des choix qui non seulement font honneur aux comics mais donnent un nouveau ton aux films de ce genre. Cela fait avancer l’univers mis en place, et assure un bel avenir pour le Tisseur.

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Mettre le Rhino sur l’affiche alors qu’il n’apparait que cinq minutes, quel culot !

Vous l’aurez compris, selon les humeurs et les orientations, le film peut être bon ou mauvais. Il peut être sympathique mais sans plus. Comme il peut être mauvais et sans intérêt à la nouvelle saga. Il faut par contre définitivement noter que les événements se passant dans les dernières minutes sont réellement bons, très bien réalisés, très prenants. Si cette critique ne se concentrait que sur ces moments, il aurait sûrement été bien plus facile de dire que c’est un très bon film. Malheureusement, il en est autrement à cause du reste représentant les 3/4 du long métrage. Oh ! mais l’humour aussi devrait être un bon aimant à spectateur tandis que les amourettes peuvent attirer les plus romantiques.

The Amazing Spider-Man 2 est prétentieux, tout comme son personnage principal. Sous ses faux airs de meilleure adaptation du Tisseur au cinéma, il n’est qu’un gros divertissement comme un autre. Et si l’on regarde de plus près, ce n’est pas plus mal, il y a là, quelques uns des meilleurs éléments formant un comic Spider-Man: Humour, Fun, Action et Drama. Malheureusement, ce qui fonctionne à l’écrit ne fonctionne pas forcément en images. On retiendra principalement la relation Peter/Gwen, d’une rare beauté et les deux personnages Spidey et Electro bien maîtrisés visuellement.