Microsoft et l’ONDA s’allient : la fin du piratage en Algérie ?

19/02/2014, 19 h 14 min Partages2
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Nous faisions état hier d’un grand mouvement de saisie de la part de l’ONDA (Office National des Droits d’Auteur et des droits voisins), qui a pris d’assaut les magasins de vente de DVD en confisquant tout ce qui était gravé ou importé sous le manteau. Serait-ce un premier pas vers le contrôle du piratage internet et de la contre-façon en Algérie ? Quel sera l’impact d’une telle mesure si l’ONDA continue sa campagne sur tout le territoire ?

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L’image en une de cet article représente bien la problématique que pose le piratage et la contre-façon. Dans les pays développés où l’économie se base principalement sur la consommation du citoyen, la moindre incartade comme une acquisition illégale d’un album de musique modifie considérablement les résultats financiers au moment du bilan fiscal. Le meilleur exemple de l’enjeu du piratage reste le secteur de la musique, qui a ployé sous le poids du téléchargement illégal, générant du coup beaucoup moins d’argent liquide que par le passé, et se basant sur d’autre business modèles, à l’image du téléchargement en ligne légal (iTunes par exemple) pour rester bénéfique.

Chez nous, la consommation des produits culturels est presque totalement inscrite dans l’illégalité et ce, pour une raison précise : notre économie est loin d’être florissante, ce qui se traduit par un pouvoir d’achat déjà très faible localement, mais encore largement plus faible lorsque confronté à la devise et aux marchés étrangers, desquels nous importons musiques, films, et jeux vidéo.

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Pour prendre un exemple à la fois simple et concret, un jeu vidéo qui vient de sortir en France coûte environ 60 €. 60 € c’est un peu plus de 4 % (4,15) de leur SMIC qui avoisine les 1450 €. Retenez bien ce pourcentage. Maintenant, si l’on prend ce même jeu chez-nous, le consommateur devrait payer 8 800 Da pour l’avoir, à raison d’un taux de change actuel à 14,8 (100 € pour 14 800 Da) à l’achat au noir. Et 8 800 Da, c’est près de 49 % (48,8 ) du SMIC algérien qui plafonne à 18 000 Da.

Vous voyez bien qu’on est très loin du 4 % français, et à ce prix-là, il est évident que très peu de gens oseront mettre quasiment la moitié d’un SMIC pour un simple produit de divertissement, mis à part quelques portefeuilles grassement garnis. De ce fait, pour profiter du jeu, la seule solution envisageable, c’est le téléchargement illégal, puisque toléré et impuni. Ce qu’il faut en conclure, c’est que nous n’avons pas les moyens du marché mondial, et sur certaines industries comme les jeux, nous n’existons tout simplement pas. L’Algérie ne figure même pas sur la liste de pays reconnus sur une console Nintendo par exemple.

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